Qu'est-ce que l'écothérapie ?

L'écothérapie est une approche thérapeutique, fondée sur les bienfaits -scientifiquement reconnus- de la nature, à la fois sur notre santé physique et mentale. Il existe aujourd'hui une multitude d'études cliniques, dont certaines vous sont détaillées ci-dessous et qui tendent à démontrer les effets salvateurs d'une exposition ou d'une immersion dans la nature.

L'écothérapie, dans son approche, peut varier grandement en termes d'activités proposées.

Il s'agit d'activités immersives qui peuvent être :

  • directes : au contact direct ou en observation de la faune ou de la flore, dans la nature
  • indirectes : au cours d'immersions visuelles ou sonores dans des ambiances (films, images, sons...) nous faisant plonger dans la nature "comme si nous y étions".

Ces activités peuvent se décliner sous forme d'ateliers thématiques.

Mon expérience de plusieurs années en milieu hospitalier et en éducation thérapeutique m'amène à associer des apports théoriques sur la santé, à des notions de physiologie, de psychologie de l'inconscient et, surtout, à des pratiques expérimentées en direct au cours des ateliers . Outre les bienfaits relatés par les participants, d'autres facteurs peuvent être objectivés par des enregistrements de biofeedback, auprès de personnes volontaires. Plusieurs effets sont documentés et publiés. 

Le pouvoir du son et des images associées aux apports théoriques et pratiques forment une véritable approche thérapeutique, avec un impact majeur sur le stress, la régulation émotionnelle, le mieux-être physique et psychique etc. Certains services hospitaliers ont d'ailleurs intégré ce type d'approche, notamment auprès de patients atteints de maladie chroniques ou dans des services de chirurgie ambulatoire.

Au-delà du monde hospitalier, il s'agirait aujourd'hui de déployer cette approche auprès du grand public, dans une logique de prévention en santé, de mieux-être et de reconnexion avec le Vivant : vers une éthique du respect de la vie sous toutes ses formes, une philosophie génératrice de lien et de sens.

 

Ainsi, à l'occasion du 150ème anniversaire de la naissance du Dr Albert Schweitzer, figure alsacienne emblématique, médecin, philosophe et Prix Nobel de la Paix, j'ai eu le plaisir de participer au séminaire / exposition "Prendre soin autrement". Il s'agissait de présenter les soins hospitaliers de support prodigués au sein des HCC, tout en sensibilisant sur la dimension éthique du soin, sur la qualité de présence du professionnel de santé et sur la pluridisciplinarité. Cette initiative menée en avril 2025 était unique en France.

 


Les bienfaits de la nature sur la santé physique et mentale

Quelques données scientifiques

  • Passer du temps entouré d’arbres abaisserait le rythme cardiaque, la pression artérielle et le taux d’hormones liées au stress, le cortisol et l’adrénaline
  • Les enfants qui grandissent en milieu urbain auraient 55 % plus de risques de développer des troubles psychiques
  • Une brève expérience avec la nature, à savoir une marche de 90 minutes dans un cadre naturel, diminuerait la rumination, la tendance dépressive et les troubles anxieux et augmenterait nos capacités de contrôle cognitif
  • Dès 1984, une étude américaine a pu démontrer que le fait de bénéficier de chambres avec vue sur un parc diminuait la consommation d’antidouleurs et accélérait la convalescence de patients hospitalisés après une intervention chirurgicale
  • L'exposition à la  nature voire à des images et des sons de la nature présente de nombreux avantages sur des pathologies psychiatriques et neurodéveloppementales, mais aussi sur le sommeil et les troubles du comportement.

Sources

  • Effects of Short Forest Bathing Program on Autonomic Nervous System Activity and Mood States in Middle-Aged and Elderly Individuals. Yu et al., International Journal of Environmental Research and Public Health, Août 2017.
  • Residential green space in childhood is associated with lower risk of psychiatric disorders from adolescence into adulthood. Engemann et al., PNAS, 25 février 2019
  • Nature experience reduces rumination and subgenual prefrontal cortex activation. Gross et al., PNAS, 29 juin 2015.
  • Spend time outdoors for your brain – an in-depth longitudinal MRI study. Kühn et al. The World journal of Biological Psychiatry, Juillet 2021.
  • A potential natural treatment for Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: evidence from a national study. Kuo & Taylor, American Journal of Public Health, Septembre 2004.
  • Children with attention deficits concentrate better after walk in the park. Taylor et al., Journal of Attention Disorders, Août 2008.
  • 40-second green roof views sustain attention: The role of micro-breaks in attention restoration. Lee et al., Journal of Environmental Psychology, Juin 2015.
  • View through a window may influence recovery from surgery. Ulrich R., Science, Mai 1984.
  • Dossier de presse « Jardin Art, mémoire et vie du CHRU de Nancy », Site internet du CHRU de Nancy

Le langage des animaux

Une question scientifique et philosophique

Nous avons  longtemps pensé le langage était  propre à l’homme.

Dans le magnifique film, le "Chant des Forêts", Michel Munier dit "le monde sauvage est un monde invisible, mais qui laisse des traces". Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre le monde sauvage et notre psyché ! C'est une certitude : notre psychisme, notre inconscient, est modelé par le langage, donc par la relation à l'autre et, indéniablement, "ça laisse des traces" et cela se manifeste dans nos attitudes et nos comportements !

 

Or, plusieurs études, dont celles menées par Michael Pordo, chercheur postdoctoral (Centre K. Lisa Yang pour la bioacoustique de conservation, Laboratoire d’ornithologie de Cornell, États-Unis) ont pu démontrer  que des caractéristiques du langage, se retrouvent, au moins dans une certaine mesure, chez des animaux.

Nous pouvons citer :

  • la danse des abeilles : les abeilles mellifères exécutent une « danse » pour communiquer la distance, la direction et la qualité des ressources aux membres de leur colonie
  • la mésange de Chine qui combine des cris en phrases dans un ordre précis
  • les cris des chauves-souris frugivores
  • le chant des baleines etc.

 Comme le souligne un article du Courrier de l'Unesco (25 mars 2025) : "faire la preuve que les animaux sont doués de langage aurait des conséquences majeures. Le fait de pouvoir entendre le point de vue d’une autre espèce modifierait sans doute radicalement la façon dont nous nous comportons avec elle, et ce, pour le meilleur. Il existe déjà un mouvement croissant, mené par plusieurs groupes autochtones, visant à accorder des droits juridiques aux baleines, en partie en raison de la reconnaissance de leur communication complexe. 

Mais le fait d’être doué de langage ne devrait pas être une condition préalable à l’obtention de droits. Après tout, nous considérons à juste titre que les enfants ayant des troubles de la communication verbale ont la même dignité et les mêmes droits que les autres êtres humains. De nombreux philosophes affirment qu’en matière de traitement moral équitable, le langage ou même l’intelligence sont moins importants que la sensibilité, c’est-à-dire la capacité d’éprouver des sentiments de manière consciente. 

En réalité, il n’est pas nécessaire de parler à d’autres animaux pour savoir s’ils sont sensibles. Des preuves irréfutables existent déjà. Les poissons-nettoyeurs peuvent se reconnaître dans un miroir, signe d’une conscience de soi que les enfants humains mettent des années à développer. Les rats refusent d’appuyer sur un levier pour obtenir de la nourriture s’ils constatent qu’en le faisant, un autre rat reçoit une décharge électrique. Les poules sont capables de se souvenir des poules qui ont communiqué de manière sincère ou trompeuse par le passé. La liste est encore longue ! 

Si nous voulons que notre éthique s’aligne sur la réalité scientifique des capacités des animaux, nous devons changer radicalement notre comportement à l’égard de toutes ces espèces, et pas seulement à l’égard de quelques espèces charismatiques comme les baleines et les éléphants. Cela impliquerait une transformation majeure de notre société, en particulier de notre système alimentaire".

Les bienfaits des ronronnements

Il est désormais reconnu que  les ronronnements de chats (c'est-à-dire basée la capacité de ces félidés à produire des vibrations à basses fréquences, entre 20 et 50 hertz, qui correspondrait à un état de cohérence cardiaque) ont un effet apaisant sur les personnes qui les entendent et les ressentent.

Ce son doux, émis à fréquence fixe, est bénéfique pour le corps humain, et en particulier pour le système nerveux, car il réduit le stress et l’anxiété.

Les ronronnements de chats ont également été étudiés pour leurs  effets analgésique et anti-inflammatoire,  qui peuvent aider à soulager la douleur et l’inconfort.

Il apparaît aussi une réduction des symptômes du stress et de l'anxiété (par diminution, probablement, du cortisone) et par  la libération d’endorphines, comme la sérotonine ou l'ocytocine (hormone dite de l'attachement)

Enfin, les ronronnements auraient des effets thymo-régulateurs (donc, de régulation de l'humeur), avec un impact sur les insomnies (notamment psychogènes), les douleurs et les tensions. Des bénéfices ont également été constatés pour des personnes atteintes de troubles du spectre autistique ou pour des patients en soins palliatifs et en fin de vie.

Enfin, d'une façon générale, il est établi que les ronronnements peuvent  :

  • favoriser la communication et l’interaction sociale
  • réduire la fréquence cardiaque et la pression artérielle
  • avoir un effet bénéfique sur la santé des chats eux-mêmes !

Cette technique est souvent utilisée en conjonction avec d’autres méthodes de soin. 

Il est utile de poursuivre des recherches sur les bienfaits d'autres animaux, qui peuvent interagir sur l'humain, par leur langage.


"L'art est partout dans la nature"

Vincent Munier

Les bienfaits de l'art sur la santé physique et mentale

L'art est un langage qui parle de corps à corps. L’artiste plasticienne Louise Bourgeois dit de l'art qu'il est "une garantie de santé mentale". Ce constat est d'ailleurs corrélé par de nombreuses études, dont celle de l’OMS en 2023, qui mentionne l’art comme « un complément du traitement et de prévention des maladies non transmissibles ». Le Canada a été l'un des premiers pays à faire rentrer l'art à l'hôpital, avec une approche singulière, appelée "l'art sur ordonnance".

En France, le CHU de Montpellier (Pr Philippe Courtet, psychiatre, responsable des urgences et post-urgences psychiatriques) a démarré un projet pilote, consistant à intégrer l'art dans les parcours personnalisés de soins. 

Plusieurs études démontrent une réduction du stress et de la douleur, une amélioration des comportements pro sociaux (liens, échanges...), une stimulation émotionnelle et cognitive favorisant le rétablissement des patients, l'apaisement du cadre, ainsi qu'une facilitation de la relation thérapeute / patient (notamment, une libération de la parole, car l'oeuvre d'art facilite l'expression des émotions et des ressentis).

Il faut noter que l'intégration de l'art dans le soin ("art sur ordonnance") se distingue de l’art thérapie : il consiste par exemple, à proposer des visites dans un musée, de se rendre à une exposition de photographies, de s'immerger dans un environnement qui éveille les sens etc. Cette démarche est totalement détachée de l’univers médical et vient d'ailleurs renforcer les effets thérapeutiques d'une prise en charge pluridisciplinaire.

En 2020, j'ai créé les Temps d'InspirARTions®, en partenariat avec le Musée Unterlinden de Colmar, pour proposer ce type d'approche au grand public.