Entrez, c'est tout vert !
Qu'est-ce que l'écothérapie ?
"Une utilisation ciblée de sons naturels n'est pas seulement subjectivement perçue comme agréable, mais elle a également des effets mesurables sur la santé et le bien-être"
Planetarium Sound
L'écothérapie est une approche thérapeutique
L'écothérapie est une approche thérapeutique, fondée sur les bienfaits -scientifiquement reconnus- de la nature, à la fois sur notre santé physique et mentale. Il existe aujourd'hui une multitude d'études cliniques, dont certaines vous sont détaillées ci-dessous et qui tendent à démontrer les effets salvateurs d'une exposition ou d'une immersion dans la nature.
L'écothérapie, dans son approche, peut varier grandement en termes d'activités proposées.
Il s'agit d'activités immersives qui peuvent être :
- directes : au contact direct ou en observation de la faune ou de la flore, dans la nature
- indirectes : au cours d'immersions visuelles ou sonores dans des ambiances (films, images, sons...) nous faisant plonger dans la nature "comme si nous y étions". C'est cette approche que je développe en milieu hospitalier, auprès de patients chroniques.
Au-delà du monde hospitalier, il s'agirait aujourd'hui de déployer cette approche auprès du grand public, dans une logique de prévention en santé, de mieux-être et de reconnexion avec le Vivant : vers une éthique du respect de la vie sous toutes ses formes, une philosophie génératrice de lien et de sens.
L'ensemble des activités en écothérapie peuvent se décliner sous forme d'ateliers thématiques et / ou de conférences.
Les bienfaits de la nature sur la santé physique et mentale
Des effets démontrés par la science :
- Une étude anglaise menée par l'Université d'Exeter, sur un échantillon de 7500 personnes a montré que les sujets qui écoutaient des sons de la nature après une fatigue mentale présentaient une amélioration significative de leurs performances cognitives, en particulier pour les tâches nécessitant une attention continue. La perception auditive des sons de la nature activerait ainsi le cortex préfrontal et favoriserait la récupération des fonctions cognitives
- La perception auditive de sons de la nature stimule l'activité parasympathique, démontrable par une réduction du taux de cortisol, l'hormone du stress, de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle (Wu et al., 2024)
- L'amplitude de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), marqueur de santé globale est augmentée au contact de la nature (Task Force of the European Society of Cardiology, 1996 ; Dr David O'Hare, Cohérence cardiaque 365).
- Les enfants qui grandissent en milieu urbain auraient 55 % plus de risques de développer des troubles psychiques
- Une brève expérience avec la nature, à savoir une marche de 90 minutes dans un cadre naturel, diminuerait la rumination, la tendance dépressive et les troubles anxieux et augmenterait nos capacités de contrôle cognitif
- Dès 1984, une étude américaine a pu démontrer que le fait de bénéficier de chambres avec vue sur un parc diminuait la consommation d’antidouleurs et accélérait la convalescence de patients hospitalisés après une intervention chirurgicale.
- L'exposition à la nature voire à des images et des sons de la nature présente de nombreux avantages sur des pathologies psychiatriques et neurodéveloppementales, mais aussi sur le sommeil et les troubles du comportement.
- Les sons de la nature peuvent améliorer la qualité du sommeil. Une étude de Blume et al. (2021) indique que l'écoute de sons naturels avant le coucher entraîne une amélioration significative de la structure du sommeil.
L'immersion indirecte dans la nature en milieu hospitalier
Les bienfaits de la nature en pratique des soins hospitaliers de support
A l'origine, les soins de support ont fait leur apparition dans le domaine de l'oncologie. Depuis quelques années, ils ont été étendus dans d'autres spécialités médicales. Je suis à l'origine du déploiement de ces prises en charge dans plusieurs unités médicalisées d'hémodialyse et en centre lourd ; cette approche a également fait l'objet d'évaluations de pratiques professionnelles (EPP).
Les soins de support se définissent comme l'ensemble des soins et des soutiens qui peuvent être proposés à une personne atteinte d'un cancer, ou d'une maladie chronique, en association avec les traitements, afin de lui offrir la meilleure qualité de vie possible, de la soutenir aussi bien sur le plan psychologique, que physique.
A titre expérimental, j'ai souhaité intégrer de façon indirecte les bienfaits des sons et des images de la nature dans l'accompagnement des patients, lors de moments anxiogènes (examens, bilans, annonces...) ou d'actes potentiellement stressants ou douloureux (pose de cathéters, ponctions...). Conjugués aux pratiques déjà mises en place, nous avons pu constater des bienfaits incontestables sur l'expérience du patient, notamment en termes de réduction du stress et des douleurs, de défocalisation et de bien-être subjectif. Il n'est pas rare que l'on constate très rapidement des effets physiologiques : réduction de la fréquence cardiaque et respiratoire, baisse de la tension artérielle...
En tant que praticien en soins hospitaliers de support depuis de nombreuses années auprès de patients suivis au long cours, mon objectif est de développer cette approche, de façon pluridisciplinaire avec des spécialistes du monde médical, scientifique et artistique (audio-naturaliste, photographe naturaliste).
Un travail d'évaluation et de recherche sera adossé à ce projet. Des ateliers destinés au grand public seront également déclinés.
JMS, 2026, les bienfaits de la nature en soins hospitalier de support
"L'art est partout dans la nature"
Vincent Munier
Les bienfaits de l'art sur la santé physique et mentale
L'art est un langage qui parle de corps à corps. L’artiste plasticienne Louise Bourgeois dit de l'art qu'il est "une garantie de santé mentale". Ce constat est d'ailleurs corrélé par de nombreuses études, dont celle de l’OMS en 2023, qui mentionne l’art comme « un complément du traitement et de prévention des maladies non transmissibles ». Le Canada a été l'un des premiers pays à faire rentrer l'art à l'hôpital, avec une approche singulière, appelée "l'art sur ordonnance".
En France, le CHU de Montpellier (Pr Philippe Courtet, psychiatre, responsable des urgences et post-urgences psychiatriques) a démarré un projet pilote, consistant à intégrer l'art dans les parcours personnalisés de soins.
Plusieurs études démontrent une réduction du stress et de la douleur, une amélioration des comportements pro sociaux (liens, échanges...), une stimulation émotionnelle et cognitive favorisant le rétablissement des patients, l'apaisement du cadre, ainsi qu'une facilitation de la relation thérapeute / patient (notamment, une libération de la parole, car l'oeuvre d'art facilite l'expression des émotions et des ressentis).
Il faut noter que l'intégration de l'art dans le soin ("art sur ordonnance") se distingue de l’art thérapie : il consiste par exemple, à proposer des visites dans un musée, de se rendre à une exposition de photographies, de s'immerger dans un environnement qui éveille les sens etc. Cette démarche est totalement détachée de l’univers médical et vient d'ailleurs renforcer les effets thérapeutiques d'une prise en charge pluri- disciplinaire.
En 2020, j'ai créé les Temps d'InspirARTions®, en partenariat avec le Musée Unterlinden de Colmar, pour proposer ce type d'approche au grand public, destinée à allier art et mieux-être.
Le langage des animaux
Nous avons longtemps pensé le langage était propre à l’homme.
Dans le magnifique film, le "Chant des Forêts", Michel Munier dit "le monde sauvage est un monde invisible, mais qui laisse des traces". Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre le monde sauvage et notre psyché ! C'est une certitude : notre psychisme, notre inconscient, est modelé par le langage, donc par la relation à l'autre et, indéniablement, "ça laisse des traces" et cela se manifeste dans nos attitudes et nos comportements !
Or, plusieurs études, dont celles menées par Michael Pordo, chercheur postdoctoral (Centre K. Lisa Yang pour la bioacoustique de conservation, Laboratoire d’ornithologie de Cornell, États-Unis) ont pu démontrer que des caractéristiques du langage, se retrouvent, au moins dans une certaine mesure, chez des animaux.
Nous pouvons citer :
- la danse des abeilles : les abeilles mellifères exécutent une « danse » pour communiquer la distance, la direction et la qualité des ressources aux membres de leur colonie
- la mésange de Chine qui combine des cris en phrases dans un ordre précis
- les cris des chauves-souris frugivores
- le chant des baleines etc.
Comme le souligne un article du Courrier de l'Unesco (25 mars 2025) : "faire la preuve que les animaux sont doués de langage aurait des conséquences majeures. Le fait de pouvoir entendre le point de vue d’une autre espèce modifierait sans doute radicalement la façon dont nous nous comportons avec elle, et ce, pour le meilleur. Il existe déjà un mouvement croissant, mené par plusieurs groupes autochtones, visant à accorder des droits juridiques aux baleines, en partie en raison de la reconnaissance de leur communication complexe.
Mais le fait d’être doué de langage ne devrait pas être une condition préalable à l’obtention de droits. Après tout, nous considérons à juste titre que les enfants ayant des troubles de la communication verbale ont la même dignité et les mêmes droits que les autres êtres humains. De nombreux philosophes affirment qu’en matière de traitement moral équitable, le langage ou même l’intelligence sont moins importants que la sensibilité, c’est-à-dire la capacité d’éprouver des sentiments de manière consciente.
En réalité, il n’est pas nécessaire de parler à d’autres animaux pour savoir s’ils sont sensibles. Des preuves irréfutables existent déjà. Les poissons-nettoyeurs peuvent se reconnaître dans un miroir, signe d’une conscience de soi que les enfants humains mettent des années à développer. Les rats refusent d’appuyer sur un levier pour obtenir de la nourriture s’ils constatent qu’en le faisant, un autre rat reçoit une décharge électrique. Les poules sont capables de se souvenir des poules qui ont communiqué de manière sincère ou trompeuse par le passé. La liste est encore longue !
Si nous voulons que notre éthique s’aligne sur la réalité scientifique des capacités des animaux, nous devons changer radicalement notre comportement à l’égard de toutes ces espèces, et pas seulement à l’égard de quelques espèces charismatiques comme les baleines et les éléphants. Cela impliquerait une transformation majeure de notre société, en particulier de notre système alimentaire".
Les bienfaits des ronronnements de chats
Il est désormais reconnu que les ronronnements de chats (c'est-à-dire leur capacité à produire des vibrations à basses fréquences, entre 20 et 50 hertz, qui correspondrait à un état de cohérence cardiaque) ont un effet apaisant sur les personnes qui les entendent et les ressentent.
Ce son doux, émis à fréquence fixe, est bénéfique pour le corps humain, et en particulier pour le système nerveux, car il réduit le stress et l’anxiété.
Les ronronnements de chats ont également été étudiés pour leurs effets analgésique et anti-inflammatoire, qui peuvent aider à soulager la douleur et l’inconfort.
Il apparaît aussi une réduction des symptômes du stress et de l'anxiété (par diminution, probablement, du cortisone) et par la libération d’endorphines, comme la sérotonine ou l'ocytocine (hormone dite de l'attachement).
Enfin, les ronronnements auraient des effets thymo-régulateurs (donc, de régulation de l'humeur), avec un impact sur les insomnies (notamment psychogènes), les douleurs et les tensions. Des bénéfices ont également été constatés pour des personnes atteintes de troubles du spectre autistique ou pour des patients en soins palliatifs et en fin de vie.
Il est également établi que les ronronnements peuvent :
- favoriser la communication et l’interaction sociale
- réduire la fréquence cardiaque et la pression artérielle
- avoir un effet bénéfique sur la santé des chats eux-mêmes !
Sources scientifiques
- Effects of Short Forest Bathing Program on Autonomic Nervous System Activity and Mood States in Middle-Aged and Elderly Individuals. Yu et al., International Journal of Environmental Research and Public Health, Août 2017.
- Residential green space in childhood is associated with lower risk of psychiatric disorders from adolescence into adulthood. Engemann et al., PNAS, 25 février 2019
- Nature experience reduces rumination and subgenual prefrontal cortex activation. Gross et al., PNAS, 29 juin 2015.
- Spend time outdoors for your brain – an in-depth longitudinal MRI study. Kühn et al. The World journal of Biological Psychiatry, Juillet 2021.
- A potential natural treatment for Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: evidence from a national study. Kuo & Taylor, American Journal of Public Health, Septembre 2004.
- Children with attention deficits concentrate better after walk in the park. Taylor et al., Journal of Attention Disorders, Août 2008.
- 40-second green roof views sustain attention: The role of micro-breaks in attention restoration. Lee et al., Journal of Environmental Psychology, Juin 2015.
- View through a window may influence recovery from surgery. Ulrich R., Science, Mai 1984.
- Dossier de presse « Jardin Art, mémoire et vie du CHRU de Nancy », Site internet du CHRU de Nancy
- BBC : Les sons de la nature pourraient aider à améliorer la santé mentale
- Aletta, F. & Kang, J., 2023, "Nature sounds in urban environments : Effects on mental and physical well-being", ScienceDirect
- Blume, C. et al., 2021, "Effects of natural sounds on sleep", PubMed
- Wu, X. et al., 2024, "Environmental sounds and cardiovascular health", ScienceDirect